Lille : violences inquiétantes entre dealers de Fives et de Moulins

Sur le terrain, il se murmure que la guerre serait déclarée entre quelques dealers de Fives et d’autres à Moulins. Que la multiplication des blessés par balles (tous aux jambes) n’est, à l’origine, que le reflet d’un différend pour un territoire en train d’échapper, aujourd’hui, à tout contrôle…

Mardi 22 h, porte d’Arras, des coups de feu tirés en rafale. Et un jeune homme à terre, blessé aux jambes. Le troisième...
 

C’est l’histoire d’un petit dealer qui aurait voulu devenir plus gros. L’histoire d’un jeune homme pressé coopté à Moulins, évoluant au bas de l’échelle, écoulant ses doses journalières et ne s’en satisfaisant plus. Bousculant, au passage, les codes et le business local. L’histoire d’un petit gars agressif, sous pression et armé arrivant de Fives, jusque-là toléré avant qu’il ne montre les dents.

C’est l’histoire d’un petit dealer rabroué à coup de flingue, quittant la place Vanhonaecker, blessé sur son destrier. L’histoire d’un homme, retrouvé à 4 heures du matin à Fives « bien connu des services de police », gros poisson, et à qui, le premier, on aurait voulu « par hasard » faire passer le message. Qu’un territoire comme Moulins avec ses armes de guerre, sa logique et son fonctionnement autarciques ne se conquiert pas avec un « simple » flingue. Qu’il ne suffit pas de se connaître pour estimer avoir tous les droits.

Qui peut croire à une coïncidence ?

C’est l’histoire d’un « Romanzo criminale » à la sauce moulinoise qui laisse depuis des estropiés à chaque chapitre. Trois hommes blessés par balles à Lille en trois jours. Tous aux jambes. Qui peut croire à une coïncidence ? Plus la police en tout cas qui pourrait regrouper les dossiers. Deux services étant saisis.

C’est l’histoire de petits cailloux sanglants qui depuis s’égrènent de Fives à Moulins. D’une DS, tirant avec quatre occupants à bord, tirant, poursuivie par une Mercedes lourdement armée. C’est une histoire qui tourne en boucle près de la porte d’Arras. Que l’on saupoudre de quelques sorties de prison récentes. Et du déséquilibre qui va avec.

Un rapport de force qui commence à « faire flipper »

C’est une histoire qui passe de banc en banc où l’analyse se fait sociologique. « On vit un affrontement entre deux quartiers. Fives est marqué par le périph. Ils pensent jouir d’une certaine autonomie tandis que Moulins est en pleine zone de sécurité prioritaire. Chaque action y est mesurée. Les affaires demandent de la discrétion et de la discipline sous peine de voir la police débarquer en force… C’est dire que l’on n’envisage pas les choses de la même façon même si des Fivois « travaillent » ici… », lâche un conteur chevronné.

C’est surtout l’histoire d’une surenchère, de la démonstration d’un rapport de force qui commence à « faire flipper et monter méchamment la tension ». De coups de feu tirés en rafale, blessant, à nouveau, un homme ce mardi soir place Jacques-Febvrier à Moulins malgré la présence de riverains terrorisés. D’une grosse voiture partant à vive allure. « La dernière fois que Moulins s’est affronté aux Roubaisiens de l’Alma, cela s’est très mal passé ». Mais il ne s’agit que d’une histoire qui comme certaines histoires n’a de fin que tragique.

Source: La Voix du Nord

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