Compte rendu du Café Littéraire du 6 décembre

par Nouredine

1. Introduction

Avis à la population disparue depuis la dernière réunion littéraire : Vous avez manqué un cercle littéraire de haut vol où, ayant quitté sans regrets les rives du monde moderne failli (sans rancune Salim !), nous avons écumé les mers de Surcouf, sous la protection d’un boxeur qui a échangé les gants pour la plume, à la recherche du trésor de la  substantifique moelle  si chère à Rabelais, garantie sans colorants ni conservateurs ! Ayant dû renoncer à de louables occupations : Salon Erotica à Lille Grand Palais où j’aurais pu retrouver certains de nos camarades égarés (non je ne citerai pas le nom de Momo ! !) votre serviteur s’est fait une joie de se réchauffer le coeur et les neurones à grand renfort de cafés et de bouillon de culture servi par nos irréductibles et courageux camarades ayant bravé le froid. Un dernier mot : Notre cercle ne doit pas être celui des poètes disparus ! Notre Bateau ivre de propagande médiatique et de bêtise démocratisée larguera les amarres le 10 janvier 2015 si Dieu prête vie, livres et camarades lecteurs ! D’ici là, de joyeuses fêtes à tous !

2. La Faillite du monde moderne, S. Laïbi

«  Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi, ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voulaient le contraire, et l’immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire.  » Confucius

Salim eut mieux fait de méditer plus longuement l’épigraphe : il nous eut ainsi épargné une énième variation sur le thème de  » j’ai travaillé avec lui mais c’est le dernier des salauds mais je le savais pas avant et maintenant je le sais et c’est trop lourd à supporter et je regrette rien parce que c’est un cheminement…  » (cf. Affaire Nabe) et un dernier examen médical dont seul Patrick Cohen a le secret… Mais chez les ch’tis on n’est pas rancuniers, même avec les Marseillais, puisque nous sommes les derniers E&R-iens à avoir accueilli le Dr. Laïbi… Un clin d’oeil nostalgique à une époque où tous les  » dissidents » et « dissidentes » du monde se tenaient la main..

Plus sérieusement, un pamphlet, écrit comme un hommage à René Guénon et Julius Evola, préfacé par le philosophe Pierre Dortiguier, qui nous plonge dans les affres de la matrice du monde moderne : Mass Media, banksters, Novus Ordo Seclorum, Big Pharma et autres scandales pédo-satanistes… Salim tente de nous ouvrir les yeux sur les scandales de la modernité occidentale : de la loge P2 au 11 septembre en passant par Zemmour, Attali et le troisième temple maçonnique de Jérusalem, autant de raisons de choisir la pilule bleue et de boire le calice jusqu’à la lie.

320 pages, lecture facile, 20 e, éditions Fiat Lux.

3. Pirates de tous les pays, M. Rediker

« Maudit sois-tu, tu n’es qu’un lâche, comme le sont tous ceux qui acceptent d’être gouvernés par les lois que des hommes riches ont rédigées a􏰄n d’assurer leur propre sécurité. Ils nous font passer pour des bandits, ces scélérats, alors qu’il n’y a qu’une di􏰃érence entre eux et nous, ils volent les pauvres sous couvert de la loi tandis que nous pillons les riches sous la protection de notre seul courage. »

Charles Bellamy

C’est décidé, notre bateau livre battra désormais pavillon noir estampillé « Jolly Roger » ! Non pas que nous ayons décidé de nous exiler aux large des côtes somaliennes pour attaquer les pétroliers de l’ empire, c’est seulement que Markus Rediker, professeur d’histoire à l’université de Pittsburgh, nous amène dans les limbes de l’océan du XVIII siècle, âge d’or de la piraterie, où une série d’hommes et de femmes, insoumis et venus des quatre coins de la Terre, vient perturber l’ordre mercantile, le commerce colonial et la traite négrière pour goûter à la liberté au prix de leur vie.

Dans la grande tradition de l’ « history from below » ou histoire des marges  si chère à Howard Zinn, Pirate de tous les pays est une véritable invitation au voyage, le vrai et l’unique voyage , celui qui consiste à « avoir de nouveaux yeux » et un nouveau regard, qui nous permettra de comprendre pourquoi trois cents ans plus tard, les Jack Sparrow, Capitaine Crochet et autres Long John Silver occupent notre imaginaire et ne semblent pas près de le lâcher.

307 pages, lecture facile, 16 e, éditions Libertalia.

4.  La Vérité et rien d’autre, M. Tyson

 » Les gens que tu croises quand tu montes vers les sommets, tu peux les recroiser quand tu descends vers l’enfer. « 

Brooklyn, New York City. Première escale de notre fuite en avant. Les seventies. La drogue, les cambriolages, les raclées de beau-papa et les coups de couteaux de maman, les allers- retours en maison de correction. Pas vraiment le cadre familial idéal, encore moins pour devenir le plus jeune champion du monde des poids lourds de tous les temps. Une vie à deux mille à l’heure, les grosses cylindrées, les Filles faciles, le show business, la drogue, le viol… une descente en enfer au coeur du rêve américain devenu cauchemar où les seules parenthèses enchantées seront la rencontre avec celui qui l’a façonné, son entraîneur Cus d’Amato parti trop tôt, et paradoxalement son séjour en prison où pour la première fois de sa vie il s’est senti libre.

Ecrite dans un style humble et sans concessions, une autobiographie qui se dévore comme l’oreille d’un certain Holyfield et qui se présente comme un recueil des confessions d’un enfant du siècle, en constante rupture d’équilibre, où seuls les regards de ses filles peuvent le guérir de son mal de vivre.

400 pages, lecture facile, 9 e, éditions des Arènes.

5.  Les Additifs alimentaires, C. Gouget

Comment ne pas avoir le mal de mer après avoir lu ce guide indispensable à quiconque veut manger sainement et éviter les multitudes de poisons industriels qui se trouvent dans nos assiettes? Un vrai dictionnaire – que dis-je ? Une carte aux trésors ! – qui nous permettra de mettre en application la maxime du cercle lillois et de déceler les mille et une ingéniosités lexicales dont font montre nos apprentis sorciers de l’agro-alimentaire pour camoufler leurs conservateurs nocifs et autres faux arômes naturels ainsi que pour favoriser toutes sortes de maladies – d’Alzheimer aux cancers très rentables pour nos amis de Big Pharma notamment celui du colon malheureusement très présent dans nos régions .

Un livre portatif régulièrement mis à jour, grâce au site Internet de Corinne Gouget (http://www.santeendanger.fr/), très clair et pratique avec des fiches pour chaque additif alimentaire, qui nous éveillera aux dangers de l’aspartame, de l’aluminium et de certains conservateurs dont les effets secondaires sont scientifiquement prouvés. Une ode à un retour aux sources qui devrait plaire aux adeptes des jeûnes (non pas toi Cohn-Bendit !), de vraie nourriture bio (à quand une AMAP pour Lille ?) et autres crudivores !

160 pages sous formes de FIches et code couleur par additif, utilisation facile, 10 e, édition Chariot d’Or.

6.  Pantagruel, F. Rabelais

« Mais parce que, selon le sage Salomon, la sagesse n’entre jamais dans une âme méchante, et que science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il te faut servir, aimer et craindre Dieu, et en Lui mettre toutes tes pensées et tout ton espoir, et, par une foi faite de charité, t’unir à Lui de manière à n’en être jamais séparé par le péché. Prends garde aux tromperies du monde, ne t’adonne pas à des choses vaines, car cette vie est passagère, mais la parole de Dieu demeure éternellement. Sois serviable envers ton prochain, et aime-le comme toi-même. Respecte tes précepteurs, fuis la compagnie des gens à qui tu ne veux pas ressembler, et ne gaspille pas les grâces que Dieu t’a données. Et quand tu t’apercevras que tu disposes de tout le savoir que tu peux acquérir là-bas, reviens vers moi, afin que je te voie et te donne ma bénédiction avant de mourir. Mon fils, que la paix et la grâce de notre Seigneur soient avec toi. Amen. D’Utopie, le dix-sept mars, ton père, Gargantua.  » Pantagruel, livre II, chapitre 8.

Rien de tel qu’un festin gargantuesque pour se revivifier aprèss tant de poisons alimentaires et de pollution culturelle et pour clore ce cercle littéraire en ces périodes de fêtes. Notre radeau de la méduse ne pourra sortir indemne du maelström de savoir et des trésors de comédie dont Rabelais fait preuve dans sa quadrilogie pantagruelline. Suivez les aventures de Pantagruel, fils du roi Gargantua, lors des guerres picrocholines pour une aventure pleine de fous rires et de fous tels l’inénarrable escholier du Limousin, le moine Panurge, les médiocres sorbonnards.. Derrière cette fresque burlesque et truculente, retrouvez les sources du panache français et découvrez un XVIème siècle ayant bien des points communs avec le notre : Impression de fin des temps, médiocrité des élites, remise en question de la doxa et des paradigmes communs, guerres meurtrières de religion… Rabelais est bel et bien un auteur fondamental de la culture française. A lire absolument, aussi bien pour les jeunes que les moins jeunes.

 » Rabelais est le plus grand esprit de l’humanité moderne  » Balzac

250 pages, lecture facile avec la traduction de l’ancien français, 4 e, édition Points.

7. Conclusion

Je tiens à remercier Caroline, Cyril, Manu, Maria, Mickaël, Romain et Tom de leur présence (même passagère !). Merci à Hervé de mettre à disposition son restaurant (à condition qu’on le prévienne bien sûr ! !). Merci à Caroline d’avoir préparé et rédigé les fiches ainsi que d’avoir mené et recardé les débats. Merci à Maria pour son sourire et son écoute attentive.

P. S. : Je tiens à signaler, pour nos camarades masculins, que Miss France habite près du restaurant d’Hervé, une raison de plus pour venir y manger d’excellents plats et de venir au café littéraire. Pour nos camarades féminines, je proposerai un calendrier coquin avec des selfies soraliens de tous nos plus beaux E&R-iens. Trêve de plaisanterie et une excellente fin d’année à tous !

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