Hôpital de Roubaix : les patients ne sont pas Charlie…

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L’hôpital de Roubaix interdit à son personnel de se dire « Charlie ». On croit rêver, alors qu’il y a dix jours, quatre millions de personnes proclamaient qu’elles n’avaient « pas peur »…

Source : Nord Eclair

C’est comme un grand gâchis. Il y a quinze jours, quatre millions de personnes défilaient en France, avec dignité, émotion et détermination. Ces foules ont marché non seulement pour clamer leur horreur après les tueries de « Charlie Hebdo » et du supermarché Casher, qui ont semé l’effroi dans tout le pays. Mais aussi pour dire leur soutien à la liberté d’expression, menacée par les deux imbéciles qui se sont crus envoyés par Dieu pour abattre une rédaction. Pour dire qu’elles n’avaient pas peur. Qu’elles étaient unies face à la barbarie.

L’immense majorité des citoyens de confession musulmane – si l’on excepte les poignées de collégiens ou de provocateurs qui ont proclamé leur soutien aux trois terroristes –, comme tout le monde, ont été choqués par ce lâche assassinat de journalistes : en ce sens, tout le pays ou presque a communié dans la défense de la liberté de la presse.

Le problème caché sous le tapis

Comment expliquer donc que quatre jours après ces défilés historiques, le 15 janvier, l’hôpital de Roubaix prenne la décision d’interdire à son personnel d’arborer des messages « Je suis Charlie » ? Dans une ville où la population musulmane est nombreuse, la direction de l’établissement, visiblement, a eu peur des tensions. On veut bien entendre qu’un hôpital ne soit pas un lieu de débats. Mais est-ce seulement une crainte théorique, ou est-ce que des incidents ont eu lieu ? On l’ignore, puisque l’hôpital n’a pas daigné nous répondre…

Combien sont-ils donc, ceux qui se sentent heurtés à la simple vue d’un badge qui proclame que la liberté d’expression, en France, est sacrée ? Ça non plus, on ne le saura pas, puisqu’on a préféré cacher le problème sous le tapis, comme on le fait depuis si longtemps.

Pour éloigner les présumées « tensions », on donne presque raison aux intolérants qui ne supportent pas que s’expriment d’autres opinions que les leurs. En cédant, on bafoue aussi le message de ces quatre millions de Français, qui l’autre jour, criaient qu’ils n’avaient pas peur. Finalement, la peur est déjà de retour. Quel échec !

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