Villeneuve-d’Ascq : Où sont passées 11 000 tonnes de cendres destinées au stade Mauroy ?

C’est, sur la base de ses calculs, la question que pose Nord Écologie Conseil à la Métropole européenne de Lille et aux maires concernés. Selon les propres chiffres d’Eiffage, la différence est de 5 000 tonnes.


Selon les calculs de l’association, au moins 200
semi-remorques de cendres manquent à l’appel sous le stade Mauroy. Photo archives Philippe Pauchet
VDNPQR

Source : La Voix du Nord

Pendues aux basques du stade Pierre-Mauroy depuis l’origine du projet, deux personnalités lilloises ne lâchent rien. Éric Darques, membre de l’association Anticor mais agissant ici comme citoyen, s’interroge, entre autres points, sur les conditions d’attribution du marché du stade à la société Eiffage par la communauté urbaine de Lille. La justice vient de valider la poursuite d’une de ses actions.

Le physicien Alfred Leclercq, responsable de Nord Écologie Conseil (NEC), se place sur le terrain environnemental, particulièrement celui de la protection des ressources en eau de la métropole. Il s’inquiète de l’utilisation de cendres en provenance d’une centrale thermique, et contenant des métaux lourds, pour combler les carrières souterraines avant la construction du stade.

En préparant un mémoire pour le tribunal administratif, M. Leclercq a demandé à la préfecture et à Eiffage des éléments sur les volumes de cendres mis en œuvre. Les chiffres donnés par le fournisseur des cendres, EDF (document du 20 septembre 2012 établi par la Direction de la production ingénierie thermique), ne correspondent pas à ceux du client, Eiffage TP.

M. Leclercq a repris les éléments d’un tableau de suivi de production des coulis, ces mélanges de cendres (ou, marginalement, de limons), d’eau et de ciment destinés à combler les carrières souterraines. Il a repris tous les calculs et arrive à un écart de 11 000 tonnes entre les cendres mises en œuvre et celles vendues par EDF.

Ce calcul est basé sur la densité du mélange lors de sa fabrication. Eiffage utilise un autre chiffre, la densité après stabilisation des coulis. La densité est alors un peu plus élevée. Mais, même avec ces données, plus de 5 000 tonnes parties du site des Ansereuilles à Wavrin, où sont stockées les cendres, ne seraient pas arrivées sous le stade. Soit un écart de 6,7 % ou environ 200 semi-remorques. Ennuyeux puisque ces cendres peuvent être une menace pour la nappe phréatique.

Chez Eiffage, la question n’émeut guère et on renvoie vers le négociant en matériaux, la société Hufa d’Avelin. Laquelle se retourne vers EDF (que nous avons contacté sans succès par mail la semaine dernière). La destination des 5 000 tonnes de cendres toxiques reste un mystère.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s