Bapalmois : une mère défaillante et six enfants souffre-douleur entre «tata» et papi

Les enfants étaient punis sans aucune explication.  PHOTO D’ILLUSTRATION PHILIPPE PAUCHETVDN

Le couple de femmes avait déjà été condamné le 16 décembre par le tribunal correctionnel d’Arras, et l’interdiction qu’elles avaient d’entrer en contact n’a pas été respectée. Jeudi, les juges ont donc tapé plus fort pour l’amie qui a accumulé les violences sur les enfants et la mère qui n’a pas su les protéger.

Source : La Voix du Nord

Le calvaire de la fratrie de six enfants âgés de 13 à 3 ans est découvert en février 2014. Ils sont placés et en novembre, le père est condamné à dix-huit mois de prison pour des violences à leur encontre ; la mère, à huit mois avec sursis pour non-dénonciation. Peu après avoir quitté son mari, celle-ci se met en ménage avec… une cousine à lui. Qui, alcoolisée du matin au soir, va lever à son tour la main sur les enfants, pour un oui ou pour un non. Claques, poussées dans les escaliers, coups de martinet…

Le 16 décembre, les deux femmes comparaissent ensemble devant le tribunal correctionnel et sont condamnées : huit mois avec sursis pour la mère, quinze mois pour la « tata » violente avec les enfants. Des peines assorties d’une obligation de soins et d’une interdiction de se voir et de communiquer entre elles

Deux jours plus tard, pourtant, la « tata » reprend contact pour des échanges amoureux par SMS que la mère ne repousse pas. Pour ce faire, elle n’hésite pas à utiliser le téléphone portable d’un homme venant pourtant d’entrer dans sa vie ; un repris de justice, précise la présidente Hibon, parfaitement au fait du dossier et du contexte de cette triste affaire.

Bref, le contrôle judiciaire n’a pas été respecté et les deux femmes partent en détention provisoire. Jusqu’à l’audience de jeudi. Un troisième prévenu est à côté des deux femmes : le grand-père des enfants qui, lui aussi, donne des gifles sans retenue. La maman de 34 ans est manifestement dépassée, sans autorité. Et a menti aux juges. « C’est la troisième fois en quasiment un an que vous passez au tribunal pour laisser frapper vos enfants sans rien faire », lui lance la présidente. Elle se tord les doigts en baissant la tête depuis un moment sous le feu des questions ; elle finit par pleurer.

La « tata », âgée de 44 ans mais qui en fait dix de plus, avance consommer « cinq à six bouteilles » par jour. Au menu à la place de la viande : bière, whisky, mousseux. Son amie laisse faire quand elle amène cet alcool chez elle. Le papi bourru, que les enfants craignent, n’est pas en reste. La présidente évoque une « petite compétition » entre la « tata » et le papi qui se retrouvent à table ensemble : « C’était à celui qui mettrait la fessée le premier » aux gamins turbulents.

La mère, penaude, confirme.

– « Qui gagnait ? »

– « Tous les deux. »

– « Qui perdait ? »

– « Moi… »

– « Les enfants, surtout ! »

L’avocate de l’AVIJ 62 évoquera « des enfants déstructurés » restant « très attachés à leur maman ».

Nous ne donnons pas les identités afin de préserver l’anonymat des victimes mineures.

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