Braquage à Outreau : une boulangère témoigne de son angoisse de mourir pour quelques euros

Depuis mardi dernier, Sylvie et ses sœurs vivent dans la peur d’être à nouveau braquées pour quelques euros.Depuis mardi dernier, Sylvie et ses sœurs vivent 

Pour la quatrième fois en 15 ans, la boulangerie de Sylvie, Chantal et Jeanne* a été braquée. Un braquage qui laisse des traces chez ces trois sœurs, qui vivent aujourd’hui dans la peur que cela se reproduise.

Source : La Voix du Nord

Mardi 17, il est 19 h 30. La boulangerie ferme dans une demi-heure. Jeanne vient de préparer sa caisse, qui contient 30 €, pour le lendemain.

C’est à ce moment précis que deux individus encagoulés s’introduisent dans la boutique. L’un d’eux braque son pistolet sur la femme. « Bouge pas ! » Après que le deuxième ait arraché le tiroir-caisse, les voleurs s’en vont. « Ça a duré 30 secondes, ma sœur n’a pas eu le temps de réagir. Elle a juste entendu des voix assez juvéniles », explique Sylvie, dans l’arrière-boutique, en train de préparer le pain au moment des faits.

Lorsqu’elle entend les cris de sa sœur, elle accourt dans le magasin et entreprend de poursuivre les malfrats. En vain. « Des personnes avec une caisse, ça se remarque. Peut-être qu’une voiture les attendait plus loin… »

L’angoisse au quotidien

La police arrive rapidement après les faits. Mais que faire lorsque braqueurs ne laissent aucune trace ? « On a une caméra. Mais avec leurs cagoules, leurs gants, comment voulez-vous qu’on les identifie ? » Depuis, les trois sœurs vivent dans la méfiance. « On se méfie un peu des clients qu’on ne connaît pas. Surtout qu’on n’est pas toujours en boutique. »

Décidées à ne pas prendre la chose à la légère, les trois femmes ne laissent plus rien traîner dans la boulangerie. L’argent est déposé à la banque, à une heure différente chaque jour, « pour éviter d’être surveillées ».

Une atmosphère pesante pour cette boulangerie de quartier : « On est là pour rendre service aux gens, on se bat pour payer tout ce qu’on nous demande. Et on nous vole le fruit de notre labeur. »

Les jours qui ont suivi le braquage, Jeanne a eu du mal à trouver le sommeil. Au-delà de la peur d’être volé, c’est surtout l’angoisse de mourir pour une poignée d’euros. Dans un soupir, elle lâche que ses sœurs et elle « ne savent plus trop quoi faire. » Usée par cette situation, devenue trop régulière à son goût.

*Les prénoms ont été modifiés

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