Lille : avec Thomas, skinhead et «fier de l’être», au cœur de l’ultra-droite métropolitaine – article « angoissant » de la Voix du Nord…

433777067_B975020491Z.1_20150314203443_000_GIL45D2RJ.2-0

On les aperçoit parfois sur la ligne 2 du métro, arpentant à trois ou quatre les rames dans ce qu’ils nomment des « tournées de sécurisation ». Rencontre avec un jeune skinhead, membre de l’ultra-droite radicale, un mouvement qui revendique « deux cents » adeptes dans la métropole lilloise »…

Source : La Voix du Nord

Donner la parole à un jeune de « l’ultra-droite nationaliste », c’est comme jouer avec un bâton de dynamite. Thomas L., 20 ans, lycéen lillois, amateur de boxe, se déclare « skinhead » et s’en dit « fier ». Il assure faire partie d’un groupe de 25 individus où deux militaires donnent des cours de combat et d’auto-défense. C’est de façon très paradoxale que ce post-adolescent entend aujourd’hui « briser » l’image de violence qui entoure son mouvement.

« Deux-cents skins ou proches à Lille et les environs »

Annonçant le chiffre de « deux-cents skins ou proches sur Lille et les environs », Thomas L. se pose en pourfendeur du « racisme anti-blancs » et affiche la certitude de regards plus bienveillants (ou moins craintifs) que lui porteraient les badauds après les attentats. Lui navigue sur un iceberg d’intolérance dont la seule limite personnelle est l’antisémitisme. « Je n’ai jamais rien eu contre les juifs (sic) », glisse-t-il. Antisémite, la moitié de son groupe l’est « ouvertement ». Certains poussent jusqu’au « négationnisme ». Les questions morales, éthiques, se fondent dans un tour de passe-passe. « Tout le monde est en droit de penser ce qu’il veut. » Voilà sur quelles bases se construisent les pensées les plus liberticides.

Une nouvelle ampleur ?

Avouant sa participation à quelques actions politiques de « collage, décollage », intitulées « La France contre l’islamisation » ou « La France aux Français », T.L., qui a pris ses distances avec le champ politique, assure que « son mouvement prend de l’ampleur ». Ce que contredisent les services de renseignements territoriaux qui ont en charge ces questions. Arrêté pour rixe sur la voie publique, violences aggravées, prolifération d’idéologie nazie, le jeune skin réfute toute velléité d’agression… « La première provocation n’est jamais la nôtre. » Un classique. Thomas insiste. « Mon rôle n’est pas de faire peur. » Au point de se sentir investi d’une mission. En compagnie de « quatre de ses siens », il arpente quelques soirs la ligne 2 du métro pour « veiller à la sécurité des usagers ». Génération Identitaire est à une portée de rame. « Il y en a quatre ou cinq dans notre groupe », détaille Thomas qui rêve de « devenir tankiste». Depuis son appartenance à la mouvance skin, ses amis d’enfance se sont détachés de lui. « Mon idéologie est plus forte que tout. » De quoi crucifier tout débat démocratique.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s