Hollande, le chômage, le renseignement et les juifs…

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Le président de la République était l’invité exceptionnel de l’émission « Le Supplément » de Canal +, qui mélange information et divertissement. Il a notamment été confronté à un reportage sur les électeurs FN de Grenay, dans le Pas-de-Calais.

Source : La Voix du Nord

(…)

Pédagogie sur la loi sur le renseignement

« Une loi pour tous nous protéger et en même temps pour nous permettre de rester libre ». François Hollande a défendu la loi sur le renseignement qui vient d’etre votée par l’Assemblée nationale. Il affirme que personne ne sera mis sur écoute « à moins d’une suspicions terroriste ou d’un lien avec des terroristes ». Selon lui, « si les terroristes nous faisaient voter des lois pour enfreindre nos libertés, ils auraient gagné ». Le président a notamment insisté sur la possibilité de saisir une commission si on veut faire cesser des écoutes illégitimes. Pour apaiser les craintes, François Hollande a annoncé qu’il saisirait lui-même le Conseil constitutionnel à la fin de la discussion parlementaire pour que les Sages se prononcent sur la validité de la loi.

Une semaine avec des électeurs FN du Pas-de-Calais

Les équipes du Supplément se sont rendues dans le Pas-de-Calais pour rencontrer les électeurs de Grenay, dont le canton a basculé vers le Front national lors des dernières départementales. Hollande, qui y avait fait un score de 70 % au soir du second tour de la présidentielle, a été confronté au reportage. Les habitants interrogés ont été sévères avec lui : « Le changement c’était maintenant : on s’est peut être trompé », « On doit respecter un programme qu’on a donné », « Faut qu’il se bouge, qu’il fasse quelque chose pour les Français, les ouvriers qui bossent »… Le nouveau conseiller départemental du département, Antoine Ibba, a notamment dénoncé la fermeture des usines et des commerces et notamment le Lidl, le « magasin des pauvres ». 

François Hollande s’est ému que ces gens « ne croient plus au système démocratique, au système de décision » mais a refusé de prendre sur lui tout ce qui arrive dans le département. « Si c’était simplement un problème de confiance à cause de moi, ça serait simple ». Pour contrer la montée du Front national, sa solution c’est« apporter plus d’emploi et encore plus d’emploi ». Il a affirmé que croire que Marine Le Pen était plus à gauche qu’Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, était « une illusion » « quand elle parle comme le Parti communiste, ça parle dans cette région. Sauf que le PC avait des principes » a-t-il expliqué en rappelant que « si on fermait les frontières, ça serait pire encore » dans ce « département limitrophe ».

Interrogé sur la mise en place d’une part de proportionnelle, une de ces promesses, il a botté en touche en renvoyant la question à 2016 où ce « sera discuté ». Pour lui, le FN est très bien représenté dans les nombreux scrutins proportionnels et a une large visibilité médiatique. Il estime néanmoins possible, voire nécessaire de débattre avec le FN « en y allant franchement » contrairement à Jacques Chirac qui avait refusé de le faire avant le second tour de la présidentielle de 2002.

Un bilan des trois ans de quinquennat

Le président a pu longuement revenir sur son action depuis 2012. « Je me bats » depuis trois ans pour « la baisse du chômage », « pour une France plus juste » et « pour protéger les Français » a affirmé François Hollande conscient « des attentes, des colères, et pire, des résignations ». Le président affirme être au travail depuis la première minute du quinquennat et qu’il le sera jusqu’à la fin, « campagne ou non ». Il a confirmé que son principal échec était la non-inversion de la courbe du chômage : 600 000 chômeurs supplémentaires sont inscrits en catégorie A depuis 2012. « J’ai pris des décisions pas faciles » a affirmé le président, évoquant le pacte de responsabilité. « Beaucoup pouvaient se dire qu’on donnait trop aux entreprises » .Lui assume.

De ce début de quinquennat, Hollande retient l’intervention au Mali mais surtout les évènements de janvier 2015, une image « qui se détache de toutes les autres » dans le reportage qui revenait sur ses trois années à l’Elysée, mêlant aussi bien des clins d’oeil relatifs à Jérôme Cahuzac, Valérie Trierweiler, Arnaud Montebourg ou Léonarda, personnages marquants depuis 2012. Le président se dit aussi fier d’avoir permis à ceux qui ont cotisé longtemps de partir à la retraite à 60 ans, sa véritable « première mesure », comme d’avoir lancé le CICE et d’avoir aider au sauvetage de l’euro.

Le président ne s’est pas prononcé sur la question d’un éventuel remaniement en juin – « je veux que le chômage soit plus bas en juin ». En revanche, il a dénoncé la longueur du processus législatif. « La loi Macron va être votée avant l’été. C’est long, trop long, mais elle va etre votée » a-t-il affirmé évoquant une des ses mesures pour le soutien de l’emploi tout en évitant de mentionner l’épisode du 49-3 pour la faire voter en première lecture.

L’émission s’est terminée par un débat avec des lycéens de 16 ans, qui voteront donc en 2017. François Hollande a eu l’occasion de réaffirmer que l’éducation était sa priorité. Il a également réaffirmé l’importance de l’enseignement de manière laïque de l’histoire des religions car « Quand on comprend, quand on sait, on est beaucoup plus tolérant et solidaire ».

Réactions : «Un supplément de Hollande ? Non merci !»

Le maire de Lambersart Marc-Philippe Daubresse s’est essayé au jeu de mot pour critiquer l’intervention de François Hollande sur Canal + : « Un supplément de Hollande ? Non merci ! #SOSAlternance ». Le député UMP Thierry Solère a lui aussi très vite réagit. Interrogé sur BFMTV, il a déclaré que le président avait prouvé « l’incompréhension économique qui est la sienne » en proposant une prime d’activité pour les jeunes. Le député préfèrerait une baisse massive des charges.

Le Premier ministre a choisi de tweeter pour défendre celui qui l’a nommé : « François Hollande dans #LeSupplément, l’occasion de mieux découvrir l’homme que je connais : déterminé, cohérent, au service des Français. ». 

De son côté, Marion Maréchal Le Pen a ironisé sur le « Naufrage présidentiel » d’un « Hollande mis en difficulté par des lycéens et totalement dépassé par la loi renseignement ». Sa tante et présidente du FN a également tweeté :  « Avant @canalplus égratignait un peu le pouvoir… mais ça c’était avant ! ». 

Plusieurs responsables du PCF et du Front de gauche se sont eux indignés du fait que François Hollande dise de Marine Le Pen qu’elle « parle comme un tract du Parti communiste des années 70 ». « En insultant le Parti communiste des années 70, François Hollande oublie que c’était alors le programme commun qui conduisit à la grande victoire de 1981 (…) Son propos est d’une totale bassesse et indigence, indigne d’un président élu aussi par les communistes»,a critiqué l’ex-candidat Front de gauche à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

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