Filets, parpaings et cache-misères : Lille, ton patrimoine fout le camp

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Après l’affaire des parpaings de la citadelle et la « mise en sécurité » d’un nombre croissant d’édifices municipaux, faute d’argent pour les restaurer, la fermeture de l’église Saint-Sauveur, le 17 juillet, pose avec une urgence redoublée la question qui fâche : Lille a-t-elle encore les moyens de son patrimoine?

Souce : La Voix du Nord

La dernière mode à Lille ? La pêche au filet. Les uns après les autres, les monuments sont pris dans les rets : le théâtre Sébastopol, la salle des fêtes de Fives, l’ancien hospice général, l’église Saint-Etienne. Les façades disparaissent sous les mailles. Parfois depuis des mois. « Mises en sécurité. » Comme ces falaises en surplomb des routes, que l’on tend de grillages métalliques. Sauf qu’ici, ce n’est pas la roche qui s’effrite. C’est le patrimoine lillois.

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À peine réparée, déjà fermée

La fermeture sine die de l’église Saint-Sauveur, par arrêté municipal en date du 17 juillet, illustre le malaise jusqu’à la caricature. La plafond en briques creuses de l’édifice néobyzantin, propriété municipale, menace de s’effondrer. Comme un air de déjà vu : en 2014, déjà, la ville avait mis l’église au repos forcé pour… rafistoler le plafond en briques creuses. La rustine aura tenu un an. Et, la facture, cette fois, s’annonce beaucoup plus lourde.

Lille, labellisée Ville d’art et d’histoire, a-t-elle encore les moyens d’assumer son héritage ? La réponse réside pour partie dans ces filets bien commodes, qui remettent à plus tard les investissements douloureux.

Une citadelle colmatée… aux parpaings

Mais les chantiers déjà entrepris sont tout aussi édifiants. Ainsi de l’église Saint-Maurice, dont la municipalité mène la réfection. Quarante mètres cubes de pierres dégradées à remplacer par des neuves. Or sculpter, ça coûte cher. Trop cher. Alors, aux blocs finement burinés, les hommes de l’art substituent des blocs taillés à la serpe. Du sol, avec une légère myopie, par une nuit sans lune, l’illusion est parfaite.

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Et que dire de la citadelle ? Les promeneurs ne se sont toujours remis du colmatage des fortifications… avec des parpaings. Car la brique, ça coûte cher. Trop cher. L’image est fâcheuse : c’est Vauban qu’on assassine. Et tant pis si l’intervention, sur des parties basses déjà dénaturées, a pour but de sauver les parties hautes du rempart, d’origine.

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Pour les vieilles pierres de Lille, l’heure du choix est proche. Plutôt parpaings ou filets ?

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