Migrants de Calais : pour empêcher les intrusions, Eurotunnel inonde ses terrains


À gauche, les barrières de haute sécurité, au-dessus d’un fossé plongeant vers une deuxième rangée de clôtures avec barbelés, puis le nouveau lac. PH. J.-PIERRE BRUNET

VDN
Après le déboisement massif, les inondations. Le groupe Eurotunnel, opérateur du lien fixe transmanche, ne lésine pas sur les moyens pour tenter de remporter la guerre contre l’immigration clandestine.

En septembre, au nom de la sécurité du tunnel sous la Manche, 103 hectares de végétation ont été rasés . Il fallait faire place nette pour la vidéosurveillance et enlever toute possibilité, pour les migrants, de se cacher. Ce changement radical du paysage, avec à Coquelles, Fréthun, Peuplingues et sur l’A16, des vues sur 29 km de barrières de haute sécurité , s’accompagne d’une nouvelle trouvaille : l’inondation volontaire des terrains. « Le terminal, surélevé, est construit sur une zone marécageuse, explique un porte-parole d’Eurotunnel. Depuis la construction du site, un système de drainage avec des watergangs existe. On utilise ce réseau pour créer des obstacles naturels qui empêchent l’accès aux clôtures. »

 

Source : La Voix du Nord

Le terminal ultra-surveillé devient forteresse puisque les fossés, élargis, forment ce qui s’apparente à des douves. Au lieu-dit de la Belle-Hélène à la sortie de Calais, vers le centre commercial Cité Europe, les images apparues en décembre sont saisissantes. Là où la végétation existait à profusion se trouvent deux lacs formés par le détournement des eaux pluviales.

Même les cygnes qui barbotent le long de l’A16 s’y perdent. « Ces lacs ont été créés en réorientant les flux, que nous contrôlons grâce aux écluses », confirme Eurotunnel. C’est depuis la Belle-Hélène qu’ont eu lieu les intrusions interrompant le trafic cet été, avec jusqu’à 2 000 migrants la même nuit.

L’enjeu économique est de taille. Eurotunnel avance aussi un enjeu humain, car le terminal compte ses migrants morts (12), après la chute depuis une navette ou une électrocution.

Pour empêcher l’accès des migrants aux clôtures, de véritables lacs artificiels ont été créés par Eurotunnel.  PH. J.-PIERRE BRUNET

Le système anti-intrusion ne s’arrête pas là. Aux contrôles infrarouges ou par ondes millimétriques passives, aux clôtures électrifiées et aux scanners, s’ajoutera bientôt… la plantation de haies défensives, avec des épines. Un retour à la nature en quelque sorte, qui donne à Eurotunnel, de nouveau soucieux de préserver l’environnement, l’occasion de remettre en avant une conscience écologiste mise entre parenthèses.

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