Moisson dans les Hauts-de-France : l’effondrement des rendements fait craindre le pire dans le blé

Les moissons se terminent dans une ambiance tendue. Les céréaliers n’auraient jamais connu pire situation que celle qu’ils vivent aujourd’hui. L’hiver trop doux et surtout la météo de juin ont dévasté les champs de blé. Trop de pluie, pas assez de soleil.

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Source : La Voix du Nord

On ne voit rien à vue d’œil. Les épis sont là, bien serrés et bien jaunes. Mais trop maigres. Les blés n’ont pas fécondé comme il fallait et les grains ne feront pas le poids à la bascule du centre de réception. Or, dans le blé, on paie au poids, et la moisson qui s’achèvera dans une semaine est déjà presque une catastrophe. Au global, la perte de rendement s’évalue entre 30 et 60 % dans les Hauts-de-France, selon les parcelles. « La situation est exceptionnellement grave, on ne s’en sortira pas cette année », estime Christophe Buisset, céréalier lui-même près d’Albert et président régional de la chambre d’agriculture.

Les comptes sont faits. La perte de chiffre d’affaires est en moyenne de 700 euros à l’hectare. « Soit un milliard d’euros dans la région. C’est l’équivalent de toutes les aides européennes pour les Hauts-de-France », ajoute Christophe Buisset. À Herlies, Christian Duquesne est touché, lui aussi, avec ses trente hectares. Sa moyenne d’une centaine de quintaux à l’hectare va en prendre un coup puisqu’il ne s’attend pas à dépasser les 50 quintaux, une première en trente ans d’exploitation.

Dans le blé, le coût de production s’évalue à 170 euros la tonne. Cette année, on estime une perte de 60 euros la tonne pour l’agriculteur.

(…)

Le Conseil des ministres a décidé de lancer un plan d’« aide » aux céréaliers français, alors que les récoltes s’annoncent très mauvaises partout en France. Ce plan prévoit des mesures fiscales, le report de cotisations sociales et des mesures spécifiques sur le remboursement de la TVA, face aux « grandes difficultés » des céréaliers, a expliqué le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll.

Un fonds de garantie doit également être mis en place par la Banque publique d’investissement (BPI), « pour aider à la mise en œuvre des allégements et des reports de prêts au niveau bancaire », a-t-il indiqué. Il sera « concrètement évalué début septembre avec l’ensemble de la profession agricole », lorsque l’ampleur des mauvaises récoltes se sera affinée.

L’Orama, branche « grandes cultures » du principal syndicat agricole, la FNSEA, a annoncé s’attendre à une baisse d’environ un quart de la récolte de blé française en 2016, à 30 millions de tonnes, en raison des intempéries du printemps qui ont fortement endommagé les cultures. Dans certaines exploitations, la production peut être jusqu’à trois fois inférieure à la normale. Mi-juillet, le ministère de l’Agriculture s’attendait à une baisse des rendements limitée à 10 %. Erreur… Orama, premier producteur et exportateur européen de blé, table sur des rendements en baisse d’au moins deux tonnes à l’hectare, après une moisson 2015 qui fut exceptionnelle avec 41 millions de tonnes.

Bien sûr, les situations sont très hétérogènes d’une parcelle à l’autre, mais la FNSEA explique que de nombreuses fermes déplorent une perte de la moitié, voire des trois quarts de leur chiffre d’affaires.

La baisse des rendements s’accompagne d’une baisse de la qualité du blé. Peine supplémentaire : les cours mondiaux sont très bas, suivant les bonnes récoltes en Amérique du Nord et dans les pays de l’Est. L’effet compensatoire d’une hausse des prix ne jouera donc pas cette fois.

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