compte-rendu du café littéraire de janvier 2017

Hugo Chavez la patrie au coeur de Vincent Lapierrehugo-patrie

Amoureux de son pays et de son peuple, Hugo Chávez a défendu âprement, totalement, jusque dans ses cojones, l’existence de la patrie comme principe libérateur. Avec une nation enracinée dans son passé, dans sa culture, dans ses traditions, le socialisme qu’il défendait n’était pas celui d’une idéologie hors-sol destinée à se fondre dans le mondialisme. Trahi par la gauche qui parce qu’il était issu de l’armée le traitait de  » fasciste « , en lutte contre la droite libérale inféodée aux intérêts de Washington et des multinationales, Chávez a pourtant rassemblé sous son nom la grande majorité du peuple vénézuélien pendant presque quinze ans. Il était la meilleure incarnation du populisme, mot galvaudé, souillé par ceux qui se réclament démocrates mais méprisent le peuple.

Profondément croyant, porté par l’amour d’un Christ qui était son modèle prêt comme lui à donner sa vie pour les petits et les humbles, Hugo Chávez voulait croire aussi en l’homme, ce qui l’amena parfois, hélas ! à des déceptions et des erreurs que l’auteur, dans sa volonté de tout dire, relève et analyse. Car Vincent Lapierre ne nous raconte pas simplement ici la vie du Comandante, il fait bien plus : il fait œuvre de pédagogue et nous fait comprendre par l’histoire et le contexte, avec une écriture vivante et précise à la fois, l’extraordinaire tentative d’un peuple à se libérer de ses chaînes. Après des années de domination impériale et d’obéissance aux seules lois du marché qui avaient amené le Venezuela à n’être que le fournisseur d’or noir des États-Unis au profit d’une petite oligarchie locale et internationale, Chávez mis en route un processus économique et institutionnel qui grâce au développement industriel, agricole, éducatif et social devait permettre à son pays de se tenir, libre et fier, devant les nations. Il voulait que chacun puisse atteindre le meilleur de lui-même et avait compris que la voie pour y parvenir passait par la lutte contre  » les valeurs inoculées par le capitalisme  » :  » Pour les ennemis des peuples, pour cette oligarchie  » anti-patrie « , il ne faut pas que nous soyons unis. Il faut que nous soyons seuls, sans famille, sans frontières, sans repères, sans valeurs, sans État-nation, sans racines, sans transcendance, sans espérance, sans défense face au système de gouvernance globale dont ils parachèvent la construction. Des consommateurs dociles plutôt que des peuples libres, c’est contre cette fatalité qu’Hugo Chávez se dressa. « 

Vincent Lapierre est un journaliste, docteur en économie et auteur d’une thèse sur les politiques publiques au Venezuela. Grand connaisseur d’Hugo Chávez et du chavisme, il a sous-titré en français tous ses discours accessibles en vidéo sur Internet.

23 euros : Kontre Kulture

Éloge de l’oisiveté Sénèque

9782755507515-X

L’oisiveté (otium) n’était pas pour les Romains un vilain défaut mais, au contraire, le contrepoint nécessaire au negotium, à l’activité, celle des affaires courantes et extraordinaires, qui dilapident le temps et exacerbent les passions. Pour autant, pas question de « ne rien faire ». Pour le sage, être oisif, c’est choisir la retraite, l’exil intérieur et le repli sur l’activité méditative. Préférer l’étude de la nature et la contemplation, pour trouver le bonheur. Dans notre époque où tout va trop vite, apprenons à nous débrancher. Adoptons le programme de Sénèque.

Il est je pense indispensable dans notre ère actuelle de lire cette Éloge de l’oisiveté de Sénèque. 

 Dans notre société, le travail est fondamental. Il consiste aujourd’hui à une production en puissance pour toujours plus de consommation. Le travail est donc une valeur centrale de notre chère société.

Sénèque nous faire l’éloge de l’oisiveté, qui par définition est « l’état d’une personne qui n’a pas

d’activité laborieuse », « laborieuse » se rapporte comme synonyme de « travail ».

  Les époques et les contextes sociaux ont poussé cette définition à changer, ont peu l’associer à la paresse ou alors le loisir. Sénèque voit ici l’oisiveté comme loisirs. Le travail n’étant plus qu’actuellement une nécessité à posséder le nécessaire vital. 

Cependant, le travail était autrefois, à l’ère des Romains, défini par negotium, une source de dégradation de la nature humaine. 
Les Romains privilégiaient les activités sociales et citoyennes, le travail était réservé aux esclaves qui avaient besoin de lui pour comme dit précédemment, une nécessité vitale à la survie économique.
En revanche, les hommes libres, eux, étaient oisifs, ils étaient consacrés aux valeurs exclusivement humaines, où le travail et la consommation ne devaient être présents, c’est-à-dire : la vie publique, les sciences, les arts, les échanges humains, et tout ce qui était bon pour eux. « Le refus de l’activisme civique » était alors une valeur très importante pour parvenir au bonheur.
L’otium est donc passé de définition en définition, passant par le divertissement, le délassement, la paresse, l’oisiveté…
Actuellement, je pense que le travail à longue durée, s’il n’est pas loisir n’est qu’activité déshumanisante.

Sénèque, avec une merveilleuse argumentation en fait un éloge splendide, en définissant l’oisiveté comme un refus des activités matérielles, mais comme une indispensable activité de l’esprit essentiel au bonheur de l’humain. Le bonheur y est donc abordé, l’homme heureux n’est pas oisif au sens de la passivité et de l’ignorance, mais il est celui qui cultive son esprit, qui contemple la nature et le monde, pour en saisir une vérité qui l’éloignerait de l’asservissement et de l’ignorance. Sénèque prône la contemplation intellectuelle car la contemplation implique l’action. Le philosophe critique l’excès d’activité qui tue le bonheur. Il y dénonce également les plaisirs de l’homme qui sont bien souvent que des désirs matériels, on peut également retrouver cette critique des désirs matériels dans L’Attitude à prendre envers les tyrans d’Épictète, ces désirs matériels étant l’avarice, l’instabilité de l’âme, le désir de plaire, la recherche de jouissances ou encore l’inertie.
Sénèque fait également l’éloge de la retraite qui est pour lui, « le retour à soi-même et à l’étude de la nature pour mieux se comprendre et le monde avec soi », où l’homme peut faire le bilan de son existence gâchée et gaspillée par les biens matériels et de la fortune qui ont été surévalues jusqu’à ce qu’on en dépende.

3 Euros: édition mille et une nuits

Théodore Kaczynski surnommé « Unabomber » (University and Airlines bomber) et son manifeste : « La société industrielle et son avenir ».

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Theodore (dit Ted) Kaczynski surnommé « Unabomber » (né le 22 mai 1942 à Chicago dans l’Illinois), est un terroriste américain, mathématicien de formation, militant écologiste et néo-luddite. Il a fait l’objet de la chasse à l’homme la plus coûteuse de l’histoire du FBI, ayant aspiré deux décennies durant à devenir le « parfait tueur anonyme ». Il est en même temps philosophe et l’auteur de plusieurs textes et ouvrages

Il s’est battu contre, selon lui, les dangers inhérents à la direction prise par le progrés dans une société industrielle et une civilisation technologique, une société qui s’éloigne de l’humanité et de la liberté humaine pour la majorité sinon pour la totalité de la population. Après des études et une courte carrière de professeur de mathématiques, il décide de se retirer dans la nature, et convainc son frère de prendre la même direction. À la suite de la disparition d’un lieu naturel où il se rendait régulièrement, il s’engage dans une campagne d’envoi de colis piégés artisanaux à diverses personnes construisant ou défendant la société technologique. Cette campagne d’attentats a duré dix-huit ans, faisant trois morts et 23 blessés avec 16 bombes envoyées.

Avant que son identité ne fût connue, le FBI se référait à lui comme UNABOM (« UNiversity and Airline BOMber »). Plusieurs variantes de ce surnom furent utilisées par les médias : Unabomer, Unabomber et UniBomer.

Selon le FBI, ses actes viendraient en partie de sa lecture du roman L’agent secret de Joseph Conrad

Ce texte est un manifeste néo-luddite voire anarcho-primitiviste. Les tenants du néo-luddisme soutiennent que les avancées technologiques sont désormais mauvaise pour la condition humaine. La date de l’inversion de la notion de progrès change en fonction du néo-luddite. L’anarcho-primitivisme est une attitude différente du néo-luddisme en cela que les anarcho-primitiviste pensent que la notion de civilisation est indissociable des notions d’aliénation de la personne que rejettent les anarchistes et prône donc le retour à une attitude primitive. Il s’agit d’une branche « dure » de l’anarchisme. Ayant ici déjà parlé des diverses formes de l’anarchisme, il y manquait cette variante-là .

Le manifeste de Unabomber déploie un argumentaire à l’encontre de la société industrielle, en lui proposant un futur apocalyptique d’aliénation de l’homme. Le texte s’ouvre sur la pétition de principe déclarant que la révolution industrielle avait été un désastre pour la race humaine.
L’idée est que l’avancée technologique aura des conséquences non prévues pour les humains et que la sphère des libertés individuelles réduira comme peau de chagrin. Il en tire la conclusion qu’il ne faut pas perdre de temps et mettre fin à tout cela avant que les événements menant à l’avènement de Skynet (Terminator) ou de la Matrice (Matrix) n’aient lieu. Il S’agit là d’une très légère caricature.
Si quelques parties du texte peuvent paraître délirante du malsaine, le fait est qu’à l’heure actuelle de nombreuses technologies se développent et pourraient mettre en danger les libertés individuelles : drones de police, puces RFID, etc.
ce texte est aussi intéressant compte-tenue des conditions de publication et de son auteur. On trouvera la même réflexion,structuré de maniére différente chez de nombreux autres auteurs, qu’il s’agisse d’études ou de science fiction : Fight Club, Le Meilleur des mondes, Matrix, etc.

l’ouvrage n’étant plus disponible à la vente , nous vous proposons de lire le manifeste en PDF

Liens ver le document PDF :https://oag10.files.wordpress.com/2010/03/manifeste-dunabomber.pdf

Lien vers une vidéo où un journaliste lit des correspondances qu’il a eu avec Kaczynski : https://www.youtube.com/watch?v=2n7sLZSMQ5s

Les américains font de l’humour mais pas de films : https://www.youtube.com/watch?v=yCr-lLVHPw0

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