Archives du mot-clé Café Littéraire

compte-rendu du café littéraire de janvier 2017

Hugo Chavez la patrie au coeur de Vincent Lapierrehugo-patrie

Amoureux de son pays et de son peuple, Hugo Chávez a défendu âprement, totalement, jusque dans ses cojones, l’existence de la patrie comme principe libérateur. Avec une nation enracinée dans son passé, dans sa culture, dans ses traditions, le socialisme qu’il défendait n’était pas celui d’une idéologie hors-sol destinée à se fondre dans le mondialisme. Trahi par la gauche qui parce qu’il était issu de l’armée le traitait de  » fasciste « , en lutte contre la droite libérale inféodée aux intérêts de Washington et des multinationales, Chávez a pourtant rassemblé sous son nom la grande majorité du peuple vénézuélien pendant presque quinze ans. Il était la meilleure incarnation du populisme, mot galvaudé, souillé par ceux qui se réclament démocrates mais méprisent le peuple.

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Compte-rendu du café littéraire de septembre 2016

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La mort d’Ivan Ilich de Léon Tolstoi (1886)

Tolstoi décrit la mort à travers 3 nouvelles.

Résumé : C’est pendant sa maladie et avant de mourir qu’Ivan Ilich prend conscience de la médiocrité de sa vie. Il meurt dans la rédemption en ayant trouvé une paix intérieure.

L. Tolstoi décrit ici la mort qui est présente tout au long de la lecture : l’hypocrisie, les mensonges et l’ordinaire pitoyable d’un conformisme moral et social  jusqu’à la libération du protagoniste.

La mort qui au départ nous confronte à nos peurs et nos angoisses apparait ici comme  salvatrice et libératrice.

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Café littéraire du 7 novembre

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Chaque mois, la section lilloise d’Egalité & Réconciliation organise un Café Littéraire.
C’est l’occasion de présenter un livre que vous avez lu ou de découvrir ceux qu’ont lu et qui ont passionné les autres participants. C’est aussi l’occasion d’aborder de nombreux thèmes « dissidents » qu’il est parfois compliqué d’aborder en famille, au travail, ou même avec ses amis, l’occasion de partager un moment de convivialité avec les lillois d’E&R.

Pour connaitre le lieu de rendez-vous, contactez ER Lille. erlille@outlook.fr

Rentrée littéraire

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Pour notre Café Littéraire de rentrée je vous donne rendez-vous le samedi 12 septembre 2015 à 15 heures afin de déguster ensemble un bouillon de culture à travers l’évocation de nos dernières lectures.

Apportez le livre de votre choix ainsi que votre cartable tout neuf.

 Le Professeur Jones

 NB : nous démarrerons les débats à 15h15 précises

 renseignements : erlille@outlook.fr

COMPTE RENDU DU CAFÉ LITTérAIRE DU 6 JUIN 2015

Par le Professeur Jones

Un menu éclectique pour ce café littéraire avec au programme : un grand classique de la littérature Française signé Pagnol, une enquête sur l’exploitation de la souffrance juive au lendemain de la seconde guerre mondiale, le journal d’un ancien légionnaire et un essai sociologique sur l’origine du pouvoir de fascination des stars.

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De : Marcel Pagnol

Edition de Fallois

252 pages

Irénée travaille dans une épicerie à Eoures dans les Bouches-du-Rhône. Câest un brave garçon, un peu naïf, qui rêve de faire du cinéma. Il n’en finit pas d’attendre un signe du destin, coincé dans la boutique de son oncle Baptiste, qui a pris en charge son éducation et l’a élevé avec sa femme Clarisse tout comme Casimir, le frère d’ Irénée. Et voilà que la chance lui sourit enfin : Un jour, Irénée tombe sur une équipe de cinéma qui commence des repérages dans la région. Irénée saute sur l’occasion et leur fait découvrir le pays, en quête des lieux de tournage. Tout se déroule comme dans un rêve : les techniciens semblent l’avoir adopté et il fait la connaissance du réalisateur Astruc et d’une fameuse directrice de casting, Françoise. Cette équipe de tournage lui propose le rôle du Schpountz. Le Schpountz n’est pas un idiot, il raisonne parfaitement sur toutes choses, il vit comme tout le monde, il a même du bon sens – sauf en ce qui concerne le cinéma et une fois qu’il se met dans la tête qu’il ressemble à un grand acteur, il le croira toute sa vie. Irénée ignore cette définition et accepte donc de signer un contrat bidon. Il se rend aux studios, à Paris, plein d’espoir. Malheureusement, on propose à Irénée de jouer un petit rôle où il doit réciter un texte incohérent.

« Quand on fait rire sur la scène ou sur l’écran, on ne s’abaisse pas, bien au contraire. Faire rire ceux qui rentrent des champs, avec leurs grandes mains tellement dures qu’ils ne peuvent plus les fermer, ceux qui sortent des bureaux avec leurs petites poitrines qui ne savent plus le goût de l’air, ceux qui reviennent de l’usine, la tête basse, les ongles cassés, avec de l’huile noire dans les coupures de leurs doigts .

Faire rire tous ceux qui mourront, faire rire tous ceux qui ont perdu leur mère, ou qui la perdront. Le rire n’est pas une espèce de convulsion absurde et vulgaire mais une chose humaine que Dieu a peut-être donnée aux hommes pour les consoler d’êtres intelligents. »

Marcel Pagnol

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De : Norman G. Finkelstein

Edition : La Fabrique

157 pages – 12 euros

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Norman Finkelstein a passé sa thèse de doctorat à Princeton sur la théorie du sionisme. Il est l’auteur de trois autres livres, Image and Reality of the Israël-Palestine Conflict; The Rise and Fall of Palestine, et A Nation on Trial, traduit en français en 1999 (L’Allemagne en Procès, la thèse de Goldhagen et la vérité historique). Il enseigne actuellement à la City University de New York.

L’Industrie de l’Holocauste est le livre d’un homme en colère. Son père et sa mère ont subi l’épreuve des camps nazis. J’attache, dit-il, de l’importance à la mémoire des persécutions de ma famille. La campagne de l’industrie de l’Holocauste pour extorquer de l’argent à l’Europe au nom de victimes de l’Holocauste dans le besoin réduit le statut moral de leur martyr à celui du casino de Monte Carlo. […] Il n’est que temps d’ouvrir nos cœurs à la souffrance du reste de l’humanité. […] L’industrie de l’Holocauste a toujours été en état de faillite morale, et cette faillite doit maintenant être publiquement déclarée. L’attitude la plus respectueuse envers ceux qui sont morts est de protéger leur mémoire, de tirer enseignement de leur souffrance et de les laisser enfin reposer en paix.

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De : Laurent Boucher

Editions : Kontre Kulture

306 pages – 15 euros

Laurent Boucher

Laurent Boucher est né en France en 1965. À 18 ans, il quitte ses études de droit pour intégrer la Légion. Tour à tour plongeur, parachutiste, moniteur commando, il restera quinze ans à parcourir la planète, entre camps d’entraînements et campagnes militaires.

Avec un sens inné du récit et une pointe d’autodérision, il nous livre ici des tranches de vie souvent drôles, parfois tragiques, mais toujours racontées avec humanité, du quotidien de ces hommes venus de tous les horizons pour se mettre au service de la France.

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De : Edgar Morin

Editions : Seuil

188 pages – 5 euros

Edgar Morin

Directeur émérite au CNRS, Edgar Morin est docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde. Il est l’un des penseurs majeurs de notre temps. Son œuvre, abondante, connaît un rayonnement international. Son travail exerce une forte influence sur la réflexion contemporaine, notamment dans le monde méditerranéen, en Amérique latine, et jusqu’en Chine, en Corée et au Japon.. La Méthode (six volumes au total), son œuvre majeure, affronte la difficulté de penser la complexité du réel.

Comment, dans quelles conditions, pourquoi sont apparus ces êtres fabuleux que nous nommons  » stars  » ? Ce sont des marchandises et ce sont des idoles. Elles sont divines et elles sont mortelles. Que nous disent-elles sur notre civilisation ? notre société ? notre temps ? Que nous disent-elles sur nous-mêmes ? Le phénomène des stars est ici étudié dans ses dimensions économiques, sociales, culturelles, esthétiques, et aussi mythiques. Le  » star system  » qui a fait la gloire d’Hollywood est mort.

En effet, le pouvoir d’attraction de la star, à savoir sa capacité à cristalliser l’attention et à susciter l’adoration, au détriment de tout esprit critique,  s’est déplacé vers l’idéologie.

Aujourd’hui les stars sont ambassadrices à l’ONU ou à l’UNICEF, sont marraines d’organisations caritatives et gagnent mêmes des élections (Ronald Reagan, Arnold Schwartzeneger). Serait-ce pour obtenir en douce notre consentement ?

Compte rendu du Café littéraire du 4 avril 2015

1 Introduction

par Noureddine

Toute ressemblance avec un quelconque passage d’un quelconque chef d’oeuvre de la littérature française ne peut être que fortuite :

Ca a débuté comme ça.. Moi j’avais jamais rien dit… rien !.. C’est Sébastien qui a commencé.. Sébastien, un copain, un petit malin comme moi.. Il faisait assez froid, tout gris mouillé, pas un chat dehors.. On rentre dans un café. Voilà qu’il me fait, en somme, que ce sont tous des imposteurs ! des postiches ! polichinelles en vrac ! Tous à faire semblant de travailler !.. Mais au moindre coup de vent, à la moindre goutte, y’a plus personne ! Tous au bistrot ! Branle-bas le zinc ! Et pareil en été ! Plus de place en terrasse ! Tu m’étonnes qu’on leur fait avaler ce qu’on veut à ces lustucrus ! Qu’ils sont encore plus escrocs que les autres ! Tous concentrés sur leur prochaine mystication ! Qu’ils doivent surement être de mèche ! Qu’ils grimpent dans les faux-avions et se font exploser tout exprès ! Juste pour amuser la galerie ! Tous faux-jetons ! Tous hologrammes ! Que le père Guillemin les avait bien prévenus ces carnes ! Qu’Umberto Eco en avait fait une encyclopédie de leurs vices et de ceux de nos maîtres ! Que le bon Estienne leur avaient dit qu’ils iraient droit dans le mur à force de marcher zig-zag ! Que l’ami Joseph Campbell s’était enfermé cinq ans à la bibliothèque rien que pour les prévenir ! Pour leur donner le bon exemple ! Ils ont rien voulu savoir ! Rien ! Tous juste s’ils croient pas que Homère c’est un personnage des Simpsons ! Ils ont tout jeté à la poubelle ! Ils veulent plus rien entendre ! C’est tout Big-mac et Tinder ! Etron ou rien ! Le Gaston Wiet, il la savait lui son Histoire ! Sur le bout des doigts ! et même celle des autres !.. Pour eux, c’est tout pareil ! Kif-kif Bourricot ! Kose Two Jours ! Avicenne, Averroès, Tamerlan, Saladin.. Tous Mohamed Glouglou !.. Tous terroros !.. Tous en poudre à canon ! En Nitromoglobine ! Du monde en moins à la Caf ! La Boucherie et les bombes, c’est leur dada !.. Qu’on en oublierait ses papelards dans une caisse volée après le casse du siècle ! Mazette !.. Fafs français de surcroît !.. Merci Giscard ! Et qu’on n’en parle plus !..

D’ici là, faites pas la tronche !

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2 Grandeur de l’Islam, G. Wiet

par Noureddine

« Les Arabes ont été pendant cinq cents ans la nation la plus éclairée du monde. C’est à eux que nous devons notre système de numération, les orgues, les cadrans solaires, les pendules et les montres. Rien de plus élégant, de plus ingénieux, de plus morale que la littérature persane, et en général, tout ce qui est sorti de la plume des littérateurs de Bagdad et Bassora.  »

Napoléon Bonaparte

« Peut-on dire que nous avons apporté la culture aux Arabes, eux qui ont conservé pour nous les traditions grecques pendant le Moyen Âge ? »

Simone Weil

Plus justement que Montaigne, l’historien dit :  « J’ai faict ici un assemblage de fleurs estrangières, n’y ayant fourni du mien que le filet à relier. »  Une anthologie de textes historiques qui retrace les périples de la civilisation islamique : Mahomet, le califat omeyyade, la dynastie abbasside, les Hamdanides, les Fatimides, Saladin et les Ayyoubides face aux croisés, les Mamelouks face aux Mongols de Tamerlan, les Ottomans de Soliman le Magnifique… Mille ans d’Histoire où vont se croiser Haroun Al Rachid, Charlemagne, Al Mamoun, Saint Louis, Gengis Khan, Ferdinand de Castille, Baudouin IV, Mehmet Fetih.. Qu’est-ce que l’Islam ? Un ensemble de peuples différents priant tous en direction de La Mecque mais également une volonté d’unir le religieux et le politique tout en maintenant le dogme à l’abri des représentations philosophiques comme le montre les différentes prises de pouvoir à la tête des empires islamiques successifs. Une suite de récits frappants, parfois poignants, parfois drôles, parfois amères et toujours démystifiants ! Epopée humaine avant tout, dans sa tentative d’harmoniser l’égoïsme, la foi, le pouvoir, la raison et l’amour de Dieu face aux défis à la fois intérieurs et extérieurs tout au long des siècles.

infos complémentaires : 520 pages, lecture facile, 20 e, éditions KontreKulture. 

http://www.kontrekulture.com/produit/grandeur-de-l-islam

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3 L’affaire Jésus, H. Guillemin

par Sebastien

« La violence peut être une forme de l’amour, ça peut être un visage indigné de l’amour. La violence est une imperfection de la charité mais l’indifférence est la perfection de l’égoïsme.  »

Graham Greene

Henri Guillemin, historien, critique littéraire, conférencier et polémiste français reconnu pour ses talents de conteur historique et pour ses travaux sur les grands personnages de l’histoire de France. Il fut proche d’intellectuels comme Charles Péguy, Marc Sangnier et Paul Nizan. Il est aujourd’hui encore critiqué comme iconoclaste (qualificatif qu’il a rejeté) ou admiré pour ses interprétations portant sur certaines personnalités (notamment Robespierre, Napoléon Bonaparte, Philippe Pétain, Jeanne d’Arc, Jean-Jacques Rousseau, André Gide, etc.) et certains événements de l’histoire française (la Révolution française ou l’Affaire Dreyfus par exemple). Il se reconnaît une passion sans faille pour la vérité, aussi bien littéraire qu’historique, et résume cette passion par   « lorsque j’apprends une vérité méconnue, je ne peux pas me taire !  » Dans L’Affaire Jésus, Guillemin admet comme certitude l’existence historique de celui qu’il nomme plutôt le Nazaréen, il achoppe sur les contradictions des évangélistes, affirme que   « Quelque chose en nous sait Dieu comme la boussole sait le pôle » , cite Sartre parlant de cette  « réquisition »  dont nous sommes l’objet et qui  « va au-delà du réel » , défend la crédibilité du message de Jésus, même si « le message, parfois, se voile la face en traversant le messager » , donne comme message essentiel cette phrase de Luc (Ch. 17 v. 21) :  « Le Royaume de Dieu est en vous  »

infos complémentaires : 153 pages, lecture facile, 6 e, éditions Points.

https://www.youtube.com/watch?v=DLuVbE8eLKQ

http://www.demystification.fr/lecons-dhistoire-2/henri-guillemin

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4 Le Héros aux mille visages, J. Campbell

par Fouad

« La pensée contemporaine admet sans peine que le symbolisme de la mythologie possède une signication psychologique. »

« La métaphore est le masque de Dieu qui nous permet d’appréhender l’éternité. »  in Puissance du mythe

Toutes les civilisations ont perpétué de grands mythes issus de la nuit des temps. Peut-on les relier entre eux ? C’est ce qu’a réalisé Joseph Campbell dans cet essai, où il expose sa théorie selon laquelle tous les mythes répondent aux mêmes schémas archétypaux. En effet, le périple de presque tous les grands héros se déroule selon un enchaînement bien déterminé : appel à l’aventure, épreuve, affranchissement de l’aide du mentor, accomplissement de l’objet de la quête, retour au pays. Joseph Campbell, reconnu aujourd’hui comme le plus grand spécialiste mondial du mythe, admirateur de Carl Jung, ami de George Lucas, athlète et spécialiste des cultures amérindiennes au parcours atypique, démontre ici que quasiment tous les héros, de quelque époque ou culture que ce soit, suivent dans les grandes lignes le même schéma. Les oeuvres plus contemporaines ne font pas exception : Star Wars, tout comme Matrix ou Le Seigneur des Anneaux sont construits selon ce même archétype. Ce n’est pas un hasard si Le Héros aux milles et un visages est le livre de chevet des plus grands scénaristes et metteurs en scène. L’ oeuvre-somme du professeur Campbell, ainsi que ses vidéos fleuves avec Bill Moyers, intéresseront tous ceux qui, à l’aide des mythes, des symboles et des traditions spirituelles de la planète, veulent comprendre l’homme, son identité et le sens de son séjour sur Terre.

infos complémentaires : 630 pages, de diculté moyenne, 9 e, édition J’ai lu.

lms conseillés : Star Wars, Les sept samouraïs.

https:// www.youtube.com/playlist?list=PLYpCC-hK59rHBqPPlcOKgg6hRyIKcAKhY

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5 Discours de la Servitude volontaire, E. de la Boétie

par Tom

« C’est ainsi que le tyran asservit les sujets les uns par les autres… Car à vrai dire, s’approcher du tyran, est-ce autre chose que s’éloigner de sa liberté et, pour ainsi dire, embrasser et serrer à deux mains sa servitude ? Qu’ils mettent un moment à part leur ambition, qu’ils se dégagent un peu de leur avidité, et puis qu’ils se regardent ; qu’ils se considèrent eux-mêmes : ils verront clairement que ces villageois, ces paysans qu’ils foulent aux pieds et qu’ils traitent comme des forçats et des esclaves, ils verront, dis-je, que ceux-là, si malmenés, sont plus heureux qu’eux et en quelque sorte plus libres. Le laboureur et l’artisan, pour asservis qu’ils soient, en sont quittes en obéissant ; mais le tyran voit ceux qui l’entourent coquinant et mendiant sa faveur. Il ne faut pas seulement qu’ils fassent ce qu’il ordonne, mais aussi qu’ils pensent ce qu’il veut. . . »

Le Discours sur la Servitude volontaire composé par Estienne de la Boétie  « en sa première jeunesse »  et  « à l’honneur de la liberté contre les tyrans »  en 1549 à l’âge de dix-huit ans traite d’un sujet énigmatique : celui de la soumission active au tyran, qui fait obstacle à la capacité de penser et étouffe tout désir d’émancipation. A mi-chemin entre l’éthique et la politique, les racines de la tyrannie ne menacent pas seulement ces repères collectifs mais également les frontières mêmes de l’individu. La résistance à la misère et à l’oppression ne passe selon le polémiste ni par la violence ni par le meurtre qui jalonnent cette finn de XVIème siècle. La servitude des peuples est volontaire ; ce sont ces derniers qui  se coupent la gorge et qui, en acceptant le joug, dénaturent la nature humaine, pétrie de franchise et de liberté. Ces hommes échapperont donc à leur horrible sujétion en reconquérant leur vérité première, leur  nature franche . L’auteur, qui a grandi dans une famille de magistrat et dans un milieu éclairé dont l’entourage est principalement composé de bourgeois cultivés, entame des études de droit à l’université d’Orléans. C’est alors qu’il écrit son premier et plus célèbre ouvrage. Ce court réquisitoire contre la tyrannie surprend par son érudition et sa profondeur. C’est à l’intention de son ami que Montaigne écrit le fameux chapitre sur l’amitié dans ses Essais : il y livre un témoignage de leur amitié et finit par dire :  « Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitié, ce ne sont qu’accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s’entretiennent. En l’amitié dont je parle, elles se mêlent et se confondent l’une en l’autre, d’un mélange si universel, qu’elles effacent, et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : Parce que c’était lui, parce que c’était moi  »

infos complémentaires : 217 pages, lecture agréable, 6 e, édition Garnier-Flammarion.

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6 Le Pendule de Foucault, U. Eco

par Cyril

« Les rapports secrets, quand on les cherche, on finit toujours par les trouver.  »

« Pour vous seuls, fils de la doctrine et de la sapience, nous avons écrit cette oeuvre. Scrutez le livre, recueillez-vous dans cette intention que nous y avons dispersée et placée en plusieurs endroits ; ce que nous avons occulté dans un endroit, nous l’avons manifesté dans un autre, an que votre sagesse puisse le comprendre.  »

Heinrich Cornelius Agrippa Von Nettesheim, in De occulta philosophia

A Milan, trois amis passionnées d’ésotérisme et d’occultisme – le narrateur Casaubon, Belbo et Diotallevi – travaillent pour la maison d’édition Garamaud. Ils ont imaginé par jeu un gigantesque complot, ourdi au cours des siècles, pour la domination mondiale. Au départ, simple jeu d’esprit, puis de fil en aiguille la trame se gonfle, enfle et gagne en démesure. Car en occultisme, tout est dans tout : dès que l’on invoque les Templiers, les assassins d’Hiram ne sont pas loin, les roses-croix débarquent, les Protocoles des Sages de Sion ainsi le golem de Prague font parler d’eux. Le Plan, petit jeu amusant au départ, prend le pas sur le réel. Car un mensonge, s’il est suffisamment dit et redit, finit par devenir vrai. À force de faire des analogies entre la Torah, le comte de St-Germain, la svastika et Cthulhu, une certaine vérité prend forme et leur échappe totalement. Syncrétisme brésilien, cérémonies druidiques, Agartha, cathares albigeois, derviches tourneurs, Vieux sur la Montagne, frimaçons, Provins… Impossible de lister tous les sujets abordés par Umberto Eco à travers ce roman. Car le Plan inventé par les trois personnages, il couvre l’entièreté du spectre de l’hermétisme et de l’occultisme, spécialité éminemment Umbertienne !

Alors un festival continu de références sur 650 pages se met en place. Le Plan avance par petits sauts et comble totalement le conspirationiste qui sommeille chez le lecteur. Jacques de Molay a maudit Philippe le Bel, c’est certain. Les alchimistes avaient prévenu Einstein que le pouvoir nucléaire était trop lourd à porter. Évidemment, que l’enseignement de Jésus est incomplet, il manque au moins deux évangiles. Les références magiques dans l’oeuvre de ce Guillaume Branlelance sont évidentes à qui veut bien lire correctement ses pièces. Vous saviez que les Illuminés de Bavière contrôlent le FMI, non ? Tout est là, il sut de relier les points entre eux. Sauf que, Eco, en habile jongleur, d’une main donne de l’eau au moulin des croyants de toutes les chapelles occultes, et de l’autre démonte tous ces mythes. Il vous montre comment la numérologie fonctionne même avec les objets de tous les jours, à quel point l’interprétation d’un texte médiéval varie de sens en fonction des attentes du lecteur qui peut y voir un texte anodin ou un message cryptique… Le croyant pourra lire le livre en y voyant une apologie à l’hermétisme, l’incrédule y verra une charge furieuse contre le mensonge érigé en savoir.

L’auteur, quant à lui, né à Allessandria (Piémont) en 1932, enseignant aux Etats-Unis dans les plus prestigieuses Universités et à Paris, au Collège de France, ainsi qu’à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, offre après Le nom de la rose, un second grand roman, plagié par certains (Coucou Dan Brown ?) mais jamais égalé, plongeant le lecteur dans l’Italie post-fascisme abordant dans des rivages tout aussi sombres et dans une ode à l’ultime complot et à ces petits garçons qui s’amusent à embellir de secrets les longs étés ennuyeux pour se donner de l’importance.

infos complémentaires : 870 pages, lecture ardue mais passionnante, 8 e, édition du Livre de poche.

7 Conclusion

Je tiens à remercier tous les présents et les absents et

Hervé et moi-même et les autres !